Coton bio

Transformation du coton bio

Des couleurs du Sahel à François 1er

La promotion du coton biologique et équitable en Afrique passe forcément par sa transformation sur place. A Ouagadougou, des artisans ont choisi de s’y investir ou veulent s’y investir pour valoriser l’or blanc biologiquement produit dans notre pays. Pour prendre la mesure de ce qui se fait dans la capitale burkinabè, en termes de génie artistique,…

… détour le samedi 8 novembre dernier chez le créateur de mode ethnique et contemporaine, François 1er à l’atelier les Couleurs du Sahel, en passant par l’association Zoodo pour la promotion de la femme.

Au terme de ses activités pour la promotion du coton et du textile biologique au SIAO 2008, l’agence conseils-recherche action-développement d’expertise (CORADE) avait initié un atelier sur les opportunités et défis liés au coton bio.

Après les débats, place aux sorties sur le terrain. Les participants ont effectué des tournées dans des unités de transformation pour s’imprégner des réalités des artisans quant aux avantages comparatifs du coton bio et aussi voir comment les produits sont positionnés sur les marchés nationaux et internationaux.

La première halte a été le show room du créateur de mode, François 1er. De son vrai nom François Yaméogo, il dit avoir découvert le coton bio grâce à CORADE et selon lui, le bio s’adapte mieux aux tenues « prêt-à-porter ».

L’avantage pour lui est qu’on n’a pas besoin de trop de pub sur les vêtements à base de bio, car la matière est unanimement appréciée. « La clientèle est diversifiée, même s’il y a une dominance occidentale », a-t-il reconnu, avant de souligner qu’il a actuellement plus de cinquante commandes dans son agenda ; mais le problème qui se pose reste la disponibilité du tissu (à cause de la faible production du coton bio au Burkina).

François 1er a, en outre, affirmé qu’il faut une base légale, car « en Europe, il est difficile de parler de bio quand on n’a pas de certification là-dessus ». C’est la raison pour laquelle il a demandé à CORADE et ses partenaires d’en tenir compte. « Je suis prêt à m’investir dans ce créneau, mais il faut que la matière première soit dispo (tissu, fil et même les boutons) ».

Autre atelier autre réalité ; à Gounghin, les femmes de l’association Zoodo, elles, ont choisi de s’engouffrer dans la teinture, la filature et le tricotage de laine bio. Cela leur réussit bien puisqu’elles ont décroché lors de ce SIAO, le premier prix du programme de renforcement du secteur coton en Afrique de l’Ouest et du Centre (WACIP).

Avec ces 400 fileuses installées à Ouahigouya, l’AZPF arrive à vendre sa production sur place et à l’extérieur (Mali, Suisse, France, Japon…). La difficulté qu’elle rencontre est surtout liée au côté artisanal des méthodes de filature. « Ce sont toujours de vieilles femmes qui font ce métier », a expliqué la fondatrice Mariam Maïga. Heureusement, elles vont acquérir du fil industriel bio.

Le dernier point de chute de la journée a été l’atelier Les couleurs du Sahel de Zakaria Ouédraogo, spécialisé dans le tissage, le batik, le bogolan… Là, M. Ouédraogo et ses agents ont fait de l’or blanc biologiquement produit, leur source d’inspiration et de gagne-pain. Grâce au métier à tisser dont il dispose, Les couleurs du Sahel ont la capacité de produire des bandes de cotonnades de plus de 1,5 m de largeur, ce qui offre la possibilité de mieux y tailler les modèles.

Au sortir de cette tournée, l’on se rend compte que le marché du coton bio est bel et bien là ; mais encore faut-il que la matière première soit disponible. « Si la demande est forte, il faut de nouvelles technologies de traitement de la fibre telles que le rouet. Pour cela, il faut que d’autres maillons sociaux s’y intéressent », a reconnu la directrice adjointe de CORADE, Gifty Guiella.

Il faudra que l’artisanat local parvienne à absorber et à valoriser cette matière première. CORADE se battra pour que la petite quantité de coton bio produit au Burkina ne prenne pas le chemin de l’exportation comme c’est le cas du coton conventionnel.

Kader Traoré

lobservateur

www.helvetas.ch

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LEs cotons Bio Helvetas :

Helvetas qui est à l’origine de la promotion de la culture de coton biologique, poursuit aussi les actions de promotion de la transformation et la valorisation locale du textile artisanal coton biologique. Les partenaires de programme valorisation locale du textile artisanal coton biologique du Burkina sont: la coopérative Initiative de Valorisation du Textile (IVATEX), Biotex Afrika, la Cour de Solidarité, le centre pour le bien être de la femme et les créateurs de mode comme François 1ér. IVATEX compte 12 PMEs dont 7 ateliers de tissage, 3 ateliers de teinture naturelle, 2 ateliers de confection. Les ateliers de teinture font la teinture du fil coton biologique en utilisant les plantes du terroir. Le tissage est assuré par les ateliers de tissage. Les créateurs de mode utilisent le tissu artisanal produit au niveau des différents ateliers. Les ateliers de IVATEX sont dans 7 régions sur les 13 que compte compte le Burkina. Au niveau des PMEs membres d’IVATEX, 90% des employés sont des femmes.

3 réflexions au sujet de « Coton bio »

  1. Au niveau de l’association Zoodo pour la Promotion de la Femme (AZPF), le tricotage se fait avec du fil de coton biologique et équitable teint aux couleurs naturelles. C’est inovation car le tricotage se fait surtout avec du fil de laine syntétique.
    C’est Helvetas qui assure aux différents acteurs de la valorisation locale du coton biologique et équitable à matière première à transformer ‘coton graine, fil industriel de coton biologique et équitable, le tissu industriel en cas de besoin)
    Helvetas entretient des relations de partenariat avec tous les artisans intéressant à la valorisation de coton biologique y compri les créateurs de mode, les stylistes et modelistes.

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